Le Poka-Yoke désigne le détrompage : modifier une étape pour rendre l'erreur impossible, ou pour qu'elle devienne immédiatement évidente. Ce qui le distingue de la formation, c'est qu'il ne repose pas sur la vigilance des individus.
La prévention rend l'erreur physiquement impossible — un connecteur qui ne s'insère que dans un seul sens, un formulaire qui refuse d'être soumis si un champ est vide, un montage qui ne se ferme pas sur une pièce inversée. La détection autorise l'erreur mais la révèle immédiatement : un contrôle de poids identifiant un composant manquant, une somme de contrôle, une discordance de couleur. C'est une approche moins robuste, mais souvent la seule option envisageable.
Son utilité repose sur le fait que l'attention humaine constitue un moyen de contrôle peu fiable. Des personnes exécutant correctement une tâche répétitive des milliers de fois finiront toujours par commettre une erreur occasionnelle, et y répondre par une nouvelle formation suppose que la cause était l'ignorance. Ce n'était généralement pas le cas. Le Poka-Yoke traite l'erreur comme une propriété de la conception plutôt que de l'individu — c'est d'ailleurs pourquoi une analyse des causes qui conclut à une « erreur de l'opérateur » reste incomplète.
Les mécanismes qui ajoutent de la friction sont contournés. Un contrôle qui ralentit le travail sera dérivé en quelques semaines, peu importe ce que dit la directive ; ceux qui subsistent sont ceux qui rendent l'action correcte plus facile que l'action incorrecte.